Hip hop is red a fait kiffer Barbara Goutte d’or

Une petite canette de 1664 et quelques cigarettes pour patienter avant l’ouverture de la salle FGO-Barbara, pour cette septième édition de Hip Hop is Red, qui débutait ce 31 janvier. « Le plus underground des festivals français », comme l’équipe le définit, se veut défricheur de talents et propose gratuitement au public parisien de découvrir les rappeurs qui feront peut-être un Zénith d’ici quelques années. Ce festival c’est un peu l’occasion de pouvoir dire « j’y étais » quand on voit telle ou telle ganache pour la première fois et que le boug’ perce par la suite.

Après avoir longtemps résidé à l’International, dans le 11ème, le festival s’est mis à viser de plus grosses salles, avec son succès grandissant. Cette année, comme l’année dernière, il permet aux artistes de se produire à la Place, le centre dédié à la culture hip hop et donc au FGO-Barbara Goutte d’Or, centre dédié aux musiques actuelles situé à deux pas de Barbès.

Pour ce premier soir je dois l’avouer je ne connaissais qu’un nom sur l’affiche, P.Dro qui nous a gratifié d’un très bel EP avec Lilith, sorti en décembre dernier et qui continue de monter tranquillement, charbonnant dur et commençant à faire parler de lui (petit instant autopromo : vous pouvez retrouver mes deux interview du MC : ici et ). Par contre les trois autres artistes – Yzla, Ben et Kader Diaby, m’étaient inconnus, malgré le super article du rap en France pour présenter leurs parcours. C’était donc l’occas’ de découvrir leur musique et leur prestation sur scène.

Malgré la soirée en milieu de semaine et la pluie battante qui donnait plus envie de s’enfiler une pizza et trois épisodes sur Netflix, le public a répondu présent dès le premier artiste, en l’occurrence Ben, qui a débuté vers 20h. Ben c’est un jeune rappeur originaire de Dunkerque, qui, d’après son Bandcamp, a commencé à sortir des sons en 2013. Et on sent que le mec est rodé parce que sur scène ça déboite bien. Le grand blond hurle dans son micro avec ardeur, bouge bien sur scène et finit par conquérir le public, avec un set efficace, alternant chansons « douces » (d’ailleurs, petit bémol de la soirée, l’autotune était réglé un peu too much) et morceaux plus énergiques. Les transitions étaient bossées, de quoi nous faire agréablement découvrir son répertoire.

Après une pause clope bien méritée, nous redescendons pour assister au deuxième concert de la soirée. Il s’agit d’Yzla, qui a sorti La grande ourse en septembre dernier (que je vous conseille d’aller écouter, tant la découverte des sons sur scène était prometteuse). Le boug’ jouait clairement à domicile – il vient du 19ème – et avait une bonne équipe pour gueuler entre chaque morceau et chauffer le public. Mais heureusement qu’ils étaient là ses potos, parce qu’on sent qu’Yzla, malgré un réel talent musical, doit encore taffer la scène pour vaincre son inhibition (qui contrastait avec l’énergie communicative du premier MC). Il y avait une réelle difficulté à communiquer avec le public et c’est dommage, parce que les sons étaient vraiment de qualité et peuvent se faire une place oklm dans votre Ipod.

Après ce set mi figue – mi raisin, nous revoilà dehors, dans le même schéma bière-clope, attendant impatiemment l’arrivée de P.Dro. Celui-ci ne nous déçoit pas et attaque direct dans le vif, en balançant tous ses sons de kicker pur, taillés pour la scène. De Schengen à Anakin, les morceaux s’enchaînent et les gens se chauffent (l’alcool aidant ?) pour mettre en place un joli pogo (big up aux vingt personnes toujours déter pour faire un pogo). Côté scène, P.Dro, entouré de ses deux backers, fait preuve d’une belle énergie, et d’un vrai talent de showman, qu’il s’agisse de rapper en mode fast flow à capella, de séparer le public en deux avant un pogo mémorable ou encore de descendre rapper – torse nu s’il vous plaît – dans le public. Et quand il s’excuse d’avoir fait prendre un peu de retard à l’organisation et demande s’il peut faire un dernier morceau, un silence se fait et un ange passe dans la salle quand quelqu’un dans le public lui répond « on sait pas, mais on est content », ce qui résume assez bien notre état d’esprit après ce set.

Malheureusement il est vrai qu’avec le retard accumulé, il se faisait un peu tard pour rester voir Kader Diaby, d’autant que le programme nous avait déjà mis sur les rotules (que voulez-vous, en plein hiver difficile de se motiver). On ne peut que saluer l’équipe de HH is Red de proposer, années après années, une programmation de qualité, et de varier les salles et les plaisirs.

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